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La défense de la ville

La tapisserie de l’Apocalypse montre à plusieurs reprises (scènes 32, 55, 77 par exemple) des cités protégées par des fortifications.
À la fin du Moyen Âge, dans un contexte marqué par la guerre, les villes, très durement touchées par les épidémies de peste, sont stratégiques pour les armées qui cherchent à consolider leurs conquêtes territoriales.
Elles vivent également sous la menace des attaques des bandes de routiers qui viennent en piller les richesses et s’y approvisionner.

Ces dangers contraignent Charles V à ordonner en juillet 1367 la remise en état de toutes les enceintes fortifiées du royaume et à demander aux seigneurs de restaurer et protéger leurs châteaux ou, à défaut, de les raser pour qu’ils ne puissent pas profiter aux Anglais.

Pour améliorer leur protection, les villes engagent parfois d’importantes dépenses financées par des impôts exceptionnels.

Pour la défense quotidienne, les citadins sont sollicités. Durant la nuit, le petit peuple, sans armes, fait le guet sur les murs. En poste fixe sur les fortifications, les hommes disposent d’une guérite tournée vers l’extérieur. Les plus riches sont de garde, de jour, aux portes de la ville et en possèdent les clés. Quant à la population au statut intermédiaire, elle patrouille et surveille pendant la nuit. Le contrôle de tous ceux qui entrent dans la ville est assuré à la porte ou un peu à l’avant, dans des postes volants en bois. Les chariots sont fouillés pour éviter que des hommes d’armes déguisés en paysans ne pénètrent dans la ville.
En cas de danger, les cloches des églises ou des beffrois sonnent le tocsin, ce qui déclenche la mobilisation de la milice bourgeoise en armes.

  

Les défenseurs de la ville, dont la herse est fermée
Détail de Satan assiège la ville, scène 77 de la tapisserie de l’Apocalypse
© I. Guégan, DRAC des Pays de la Loire

   

Détail du diorama représentant l’attaque de la ville © CMN

   

Les dioramas de l’exposition mettent en scène des figurines médiévales en plastique des années 1960-1970 de différentes marques : Starlux, Clairet (France), Reamsa (Espagne), Elastolin (Allemagne) et un château de marque PEG (France), issues de collections particulières.

Ces soldats-jouets sont fabriqués au XIXe siècle en plomb, puis au début du XXe siècle, en plomb creux, plat d’étain et aluminium. 
Après la Seconde Guerre mondiale, le plastique supplante les autres matériaux. Il se prête parfaitement à l’injection et à la peinture et permet la réalisation de figurines plus fines, plus soignées et moins coûteuses. 

Dans les années 1950 et 1960, l’univers médiéval est un thème très prisé pour les jouets, popularisé par des séries télévisées françaises : Thierry la Fronde, Thibaud ou les croisades ou des films hollywoodiens (Ivanhoé…). S’ajoutent alors aux soldats médiévaux des personnages civils et des accessoires : châteaux, machines de guerre, tentes…
Cette production française, vendue dans les bazars, les boutiques de jouets spécialisées et les grands magasins, disparaît progressivement durant les années 80.

Les figurines qui constituent ces dioramas, jouets à l’origine, sont devenues objets de collection. Malgré leur aspect très qualitatif, elles auront sans doute disparu des greniers et des étagères d’ici 50 ans car leur matériau, l’acétate de cellulose, connaît une inexorable dégradation. 

  

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