Histoire, Art & Architecture
article | Temps de Lecture10 min
Histoire, Art & Architecture
article | Temps de Lecture10 min
Elle domine la Ville d'Angers, 40 mètres au-dessus de la rivière. La tour du moulin est un emblème du château d'Angers et est aujourd'hui la plus haute des 17 tours de la forteresse construite au XIIIe siècle. Une singularité, tout comme son nom, qui est le fruit d'une histoire souvent méconnue et que les dernières découvertes archéologiques mettent en lumière.
Au XIIIe siècle lorsque la construction de la forteresse d'Angers est ordonnée par la reine de France Blanche de Castille, les 17 tours qui rythment l'enceinte sont toutes identiques. D'environ 12 mètres de diamètre, leur forme permet une surveillance à 360° et limite les angles morts.
Elles étaient originellement coiffées de toits en poivrières couverts d’ardoise et bordées de hourds de bois destinés à la défense rapprochée.
Lorsque le château est transformé au XVIe siècle pour l'adaptation à l'artillerie à poudre, les tours sont décoiffées et leur hauteur abaissée pour faciliter l'usage des canons.
Mais la tour qui domine la rivière ne subit pas le même traitement que les autres et garde une élévation proche de sa hauteur médiévale.
Est-ce justement pour y installer ce moulin qui lui donnera son nom ?
C'est dans le contexte troublé des guerres de Religion que la construction au sommet de cette tour d’un moulin à vent "tournant et virant" est décidée afin d’assurer l’approvisionnement en farine de la garnison du château.
Aucune source iconographique n'est connue à ce jour mais un contrat signé en avril 1593 prévoit l’aménagement du moulin, l’installation d’une chambre pour le meunier au deuxième étage, le percement de la voûte ainsi que la fourniture de l’ensemble des équipements nécessaires (meules, toiles, cordes, portes, ferrures, etc.).
Le moulin est édifié entre le 22 juin et le 31 juillet 1593, mais son exploitation reste de courte durée : le 14 juin 1594, vers 22 heures, un violent orage brise l’une de ses ailes. Cette dégradation combinée à la présence de nombreux moulins à eau à proximité rend l’ouvrage inutile, notamment après la conversion d'Henri IV au catholicisme et la proclamation de l'Edit de Nantes qui met fin aux troubles.
Il est finalement démonté le 20 juin 1620.
Malgré une existence limitée à 27 ans, le moulin a durablement marqué l’histoire de la forteresse au point de laisser son nom à cette tour, encore aujourd’hui.
Les recherches archéologiques conduites en 2025 par l'Inrap et le Service départemental d'archéologie du Maine-et-Loire dans le cadre d'un grand chantier de restauration des remparts ont permis d'attester la présence de ce moulin connu jusque-là uniquement par les sources d'archives.
Au sommet de la tour, un sol composé de grandes dalles d’ardoises formant une sorte de petit dôme circulaire en escalier a été révélé.
Identifiée comme la base du moulin, cette architecture communiquait avec la salle située en dessous, équipée probablement autrefois du mécanisme de la meule et nommée dans les sources documentaires "chambre pour le meunier".
Les 380 dalles ont été entièrement déposées pour la restauration. 60% ont été conservées, les autres ont été remplacées à partir des restes de schiste de la carrière de Trélazé.
Elles ont été reposées par-dessus une nouvelle dalle d’étanchéité, ce qui permet de les laisser désormais visibles pour le public.
La Tour de moulin et la terrasse à son sommet seront ouverts à la visite à partir du 26 septembre 2026. Quelques précautions à prendre avant votre venue :
Art & Architecture
article | 12 min